mercredi 23 juillet 2008

Road Trip...

...Ou le plaisir un peu égoiste de se retrouver seule sur la route avec pour unique compagnie; soi-même. Ca a toujours été quelque chose que j'ai aimé. Des kilomètres de goudron devant moi. Rien d'autre que la route... Et la musique qui me pete les tympans. J'ai l'air climatisé dans l'auto. Mais j'en ai rien a foutre. Qui a envie d'air refroidi et de vitres fermées quand on peu profiter de la "brise" naturelle qui vous gifle et fait valser votre chevelure dans un élan purement chaotique?

La route, a perte de vue. Des centaines de kilomètres qui n'attendent que d'être parcourus. Seule, sans l'obligation parfois suffocante d'avoir a entretenir une conversation avec un passager quelconque. Choisir la musique qui me plait et chanter a tue-tête ou tout simplement écouter, sans parler, sans fredonner... Se laisser immerger par les souvenirs que certaines notes font ressurgir. Faire un face a face avec soi-même, s'interroger, se questionner et redécouvrir nos forces et nos faiblesses. Laisser les sentiments prendre le dessus en apprécier chaque nuance. Cigarette a la bouche, lunettes au bout du nez, musique douce ou tonitruante se déversant en flot continue des haut parleur, le souffle du vent comme unique compagnie... Prendre plaisir a ce moment de solitude et sourire, béatement, sans raison apparent sauf celle d'être la, tout simplement.

J'ai pris la route dimanche matin. Huit heures du matin, j'étais a l'entrée du Parc des Laurentides, sur la 175. Pas de café, pas de chocolat chaud. De l'eau, froide a souhait, rien d'autre. Pas de stimulant! Aucun besoin; le goudron suffira a lui seul. Direction? Québec! Rien de moins. Et non, je n'y allais pas dans le but de voir le tant attendu Sir Paul. Non... Très peu pour moi. J'avais rendez-vous avec mes incertitudes. Rendez-vous avec celui que j'ai pendant longtemps considéré comme mon démon intérieur. Celui qui a partagé 10 longues années de ma vie; mon ex. Celui-la même que je n'avais pas vu depuis bientôt 3 ans. Rendez-vous auquel j'étais sûr de ne pas le voir, faute de courage ou de volonté, peu importe. Mais le fait est que... J'avais un peu plus de deux heures pour me préparer mentalement a cette rencontre improbable mais totalement inévitable. Et quel meilleur moyen de le faire que de parcourir, en solitaire, les quelques 250 kilomètres qui me séparent de la ville qui l'habite.

Il serait de peu d'importance que je fasse un récit détaillé de cette rencontre. Seul le but final importe vraiment... Depuis presque un mois, je vivais avec une incertitude douloureuse. 50 fois nous nous sommes recroisés. 50 fois nous avons recommencé ce combat infernal qui nous a amené vers la destruction finale de notre "relation". J'avais besoin de savoir si la 51ième fois serait pareille. Je devais savoir clairement que j'étais débarrassée une bonne fois pour toute de l'emprise qu'il a longtemps eue sur moi. Et voila que j'avais devant moi une réponse criante. En 2 secondes j'ai su, hors de tout doute, que notre histoire était du passé et qu'elle le resterait. Et de me demander, candidement, si l'amour avait jamais existé ou si mon esprit rêveur l'avait tout simplement inventé.

Peu importe le passé... Peu importent les gestes posés autrefois. J'avais besoin de cette confirmation et c'est avec celle-ci ancrée au fond de moi que j'ai repris la route, quelques heures plus tard, le coeur léger, le sourire aux lèvres... "Tu sembles être une femme plus heureuse maintenant qu'a ton arrivée" a t-il dit a mon départ, sans seulement avoir idée a quel point, pour une fois dans sa vie, il pouvait avoir raison.

Ces deux heures et demi de route m'ont semblé durer quelques secondes... C'est l'esprit libéré de toutes inquiétudes que j'ai flotté jusqu'a la maison... La route, encore une fois, m'aura fait un bien immense!

A bientôt!

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