vendredi 9 février 2007

Ho! Ho! Ho! [2 Déc. 2006]

Avec un mois de retard, l’hiver est finalement arrivé. D’un seul coup, sans prévenir, le paysage s’est soudainement changé en carte postale. Quinze centimètres de beaux flocons recouvrant l’immensité offerte d’un linceul d’un blanc immaculé. Le début de l’hiver, quand la neige est encore vierge, encore protégée du calcium, du sel et du sable qui viendront bientôt l’enlaidir. Le début d’une période de recommencement. Comme l’ Artiste qui recouvre sa toile d’une épaisse couche de peinture blanche afin de pouvoir cacher l’œuvre qui ne saurait le satisfaire et qui s’accorde un moment de réflexion, le pinceau dans les airs, avant de reprendre son œuvre qui deviendra, à force d’efforts soutenus et de patience exemplaire, une pure merveille de beauté et de splendeur. Le lent passage de l’hiver au printemps. Le renouveau, la renaissance après une interminable période de deuil forcée.
La beauté de la première vraie neige qui recouvre tout et qui, peut-être, restera pour de bon. Le paysage a disparu. Ne reste qu’une vision plutôt réduite aux couleurs claires, tirant sur le gris ou sur le blanc étincelant, dépendamment de la lumière. La toute première soirée où les décorations de Noël mériteront de briller de mille feux. La magie du temps des Fêtes qui s’annonce, qui s’amorce lentement. Noël, qui n’est plus qu’à quelques jours vient soudainement de passer de l’étape de mirage à une convaincante réalité! Caché sous son manteau blanc, Saint-Nicolas approche…
La nostalgie des Noëls blanc de mon enfance s’était lentement saisie de moi, en me faisant m’inquiéter du sort de ce jour tant attendu. Mais l’enfant en moi est rassurée pour l’instant ; les bonhommes de neige prendront bientôt vie, l’eau des lacs sera bientôt changée en glace étincelante, terrain de jeux de prédilection pour tant de gens, jeunes et moins jeunes, qui chausseront bientôt leurs patins pour des heures de plaisirs, de nez froids et de joues roses. Me voilà rassurée ; Noël sera blanc !
L ’émerveillement est grand devant cette première neige. Je profite de l’inspiration qu’elle m’apporte pour écrire ces quelques lignes avant d’être moi-même saisie par l’envie insoutenable de voir la source de mon émerveillement d’aujourd’hui fondre aussi vite qu’elle est apparue. Ces petits morceaux de coton blanc tombant paresseusement du ciel aujourd’hui deviendront après un temps trop court une source d’exaspération profonde quasi continue. D’un joli blanc immaculé, la neige passera rapidement à des teintes de gris ou de brun, question de bien différencier et quantifier notre niveau d’intolérance à l’hiver interminable qui est le nôtre dans le Nord du pays.
Alors, pendant que c’est toujours chose possible, laissons-nous émerveiller par ce décor enchanteur qui est le nôtre, décor digne des plus grandioses rêveries de Noël.
En terminant, puisiez-vous avoir le bonheur de laisser renaître en vous, l’espace de quelques instants, l’enfant qui savait sourire de bonheur en voyant tomber la neige, jamais rassasié de ces petits glaçons givrés que l’on avalait avec délice, tête penchée vers l’arrière, bouche grande ouverte. Puisiez-vous, vous aussi, attendre avec une impatience presque cruelle cette nuit magique entre toutes. Appréciez Noël pour ce qu’il est vraiment ; une occasion privilégiée de se retrouver avec les gens qui nous sont chers et de partager joie, bonheur et amour en laissant derrière nous tracas, soucis et ennuis. C’est de tout cœur que je vous souhaite de pouvoir vivre cette expérience qui n’a définitivement pas de prix.
Joyeux temps des Fêtes à tous et à toutes !


[Merci à SteaM10 pour l'image]

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