vendredi 9 février 2007

Deuil public ou... Divagation du moment! [16 Nov. 2006]

La vie est une suite d’événement, de choix, de décisions, de coups de tête et de coups de cœur. On doute, on hésite, on soupèse les options, on regarde les choix, on réfléchit ou encore on suit une intuition, ou notre cœur ou notre tête, tout dépendament de notre façon habituelle de fonctionner. On espère toujours faire le bon choix, mais la réalité est parfois toute autre. Comment prévoir l’imprévisible ? Comment anticiper les résultats, les réactions, les aboutissements de nos décisions, bonnes ou mauvaises ? J’aimerais pouvoir savoir d’avance ce qui arrivera. Mais en réalité, est-ce que je le désire vraiment ?
Avoir su l’aboutissement de ma relation avec LD, est-ce que j’aurais changé mes choix ? Est-ce que j’aurais refusé de croire ses innombrables promesses de changement au fil des ans ? Est-ce que j’aurais rejeté l’idée de retourner avec lui 1000 fois plutôt qu’une ? Est-ce que j’aurais refusé d’avoir à passer au travers du lot de douleur incommensurable auquel j’ai du faire face si on m’avait donné la possibilité de voir le peu de choses positives que j’en retirerais en retour ? Est-ce que j’aurais accepté de servir d’objet durant presque 10 ans en sachant ce qui m’attendait par la suite ? J’hésite…
J’hésite parce que… J’ai fait souffrir beaucoup de gens autour de moi à cause de lui. Trop de gens m’ont vu pleurer des larmes de douleur indicible. Trop de gens ont du faire face à ma douleur même quand je tentais de garder celle-ci secrète. Trop de gens m’ont vu dépérir et devenir l’ombre de moi-même.
J’hésite parce que… Je ne serais pas aussi forte aujourd’hui, du moins, j’ose le croire. Je n’aurais pas le courage d’affronter les gens comme lui qui ne souhaitent qu’obtenir leur propre petite satisfaction égoïste au dépend des autres qui se soucient beaucoup trop d’eux. J’hésite parce que je ne sais où je serais aujourd’hui sans cet épisode de ma vie. Il y a des rencontres qui ne se seraient pas faites. Il y a des amis que je n’aurais pas forcément connus... En contrepartie, il y a aussi tous ceux que je n’aurais pas perdu, du à sa jalousie et sa possessivité excessive. Mon cœur s’est endurci avec le temps.
Bientôt 1 an. Ca a passé si vite. Et il ne m’a pas manqué. Les sentiments sont morts aussi rapidement qu’ils sont nés. En une fraction de seconde, ce que je considérais autrefois comme de l’amour (mais qui n’étais en réalité qu’une triste soumission sentimentale due à un contrôle et à une possession psychologique incroyable, à une faiblesse de ma part et à une dépendance affective des plus pathétique), est disparu pour montrer son véritable visage. Pendant des jours, enfermée dans mon mutisme, je refusais de voir qui que ce soit. Je me sentais froide, distante. Pas triste. Seulement… Épuisée. De tout mon être, je crois que jamais je ne me suis sentie aussi épuisée psychologiquement. Par défaut, le physique s’en est ressenti par la suite.
Comme un serpent qui se défait de sa peau pour muer, lentement, au fil des jours, je me suis débarrassée de tout le poids de cette vie que je ne voulais plus mienne. En solitaire, j’ai fait une croix, j’ai dit adieu à tout ce qui était moi, avant. J’ai soupesé tous les rêves que j’ai chéris durant toutes ces années et je me suis aperçue que la majorité n’étaient que chimères, qu’ils n’existaient que dans le but de lui plaire à lui, de le rendre heureux lui, mais pas moi. Je n’existais plus. Et au fil du temps, je suis revenue à la vie. Je ne pourrais pas dire que j’ai eu mal. Avant la fin de la relation, oui. Pendant 2 semaine, à partir du 16 Décembre de l’an passé. Jusqu’au dernier jour. Ensuite, c’est comme si mon cœur et mon cerveau avaient été court-circuités, anesthésiés. Comme si une espèce de mécanisme d’urgence s’était déclenché et avait détaché le fil branché aux émotions fortes, ce qui m’a permis de faire face à la situation avec une attitude relativement froide. C’était comme si je regardais tout ça d’un œil extérieur.
Vous avez été plusieurs à avoir peur pour moi durant ces 2 mois. 2 mois pour effacer chaque parcelle de la fausse moi. 2 mois pour faire une croix, jour après jour, sur ce que ma vie avait été et ce qu’elle ne serait jamais. 2 mois à l’effacer de ma vie, à regarder ce que cette relation avait été en réalité, pas comme moi je la voyais pendant que je la vivais, mais comme vous tous, ceux qui s’en faisaient pour moi, l’avez vu. Je comprends aujourd’hui ce qui vous à fait peur. Mais vous m’avez sorti du fond du précipice dans lequel j’étais tombé le jour où tout s’est terminé. Ce jour là, si ça n’avait été de quelques personnes qui me sont chères, sûrement, j’aurais commis l’irréparable. Mais toutes les larmes qu’il me restait, je les ai versées, étendue sur ce divan, regardant ma mère et ma sœur se ronger les sangs à la vue de ma personne. J’aurais aussi bien pu dire de mon cadavre, ce qui aurait été plus réaliste considérant l’état dans lequel je me trouvais à ce moment. Je me souviendrai toujours du regard fou d’inquiétude de ma mère alors qu’elle me murmurait de lui donner ma peine, de ne pas la garder pour moi, parce qu’elle voyait bien que c’était en train de m’achever. Et pourtant…
2 long mois…Même si j’avais voulu parler à ce moment là, je n’aurais pas su quoi dire d’autre que c’était fini et que j’allais " bien ". La tornade était passée. Il y avait des dégâts mais rien d’irréparable. Même si j’avais voulu pleurer après ce jour de Décembre, je n’aurais pas pu. Vous m’avez tous dit que je refoulais ma peine, que je la déniais, que je la refusais, que je ne voulais pas l’accepter. Je n’ai jamais fait de déni de réalité. Au contraire; elle m’avait frappé de plein fouet et jamais de toute ma vie je n’avais été aussi clairvoyante. J’ai essayé tout ce qui était possible pour le pleurer, lui, pleurer notre relation terminée, nos rêves anéantis. Mais je n’ai pas réussi. Parce qu’au cours des années, tout ce à quoi j’ai rêvé n’était que chimères, un château de sable vite ravagé par les vagues. J’avais fait mon deuil. Comparativement au passé, je sais que ce fut rapide. Presque instantané en comparaison des 1000 fois précédentes. Mais c’était suffisant. C’était même trop. J’ai passé presque 10 ans à faire un deuil quasi quotidien d’une relation vouée à l’échec dès les premiers jours. Vous vous êtes tous inquiétés pour moi et je vous remercie de cette preuve d’amour que vous me portez. Mais pendant ces 2 mois, je me redécouvrais. Je repartais à neuf. J’effaçais la peine, j’effaçais la douleur, les souffrances vécues au fil des ans pour ne laisser que le reste. Moi, ou du moins, ce qu’il en restait. J’étais froide, j’étais différente, je sais. Je n’étais plus moi. J’avais cessé d’être son ombre. Et ce n’était sûrement pas beau. Je ne voulais pas vous inquiéter… J’avais seulement besoin de me retrouver seule en face à face avec moi-même. Il le fallait…
Vous êtes restés près de moi, dans l’attente d’un rapprochement de ma part. Merci à vous tous qui vous êtes souciés de moi. Bientôt un an et je peux vous le dire maintenant, sans peur aucune, en sachant pertinemment que je ne me trompe pas ; je suis sauvée. Jour après jour, je redeviens moi-même. Avec votre aide précieuse, je me remémore le passé, pas celui douloureux, mais je fais une introspection afin de me souvenir de qui j’ai déjà été. Certaines cicatrices ne partiront malheureusement pas, du moins, je ne crois pas. Mais j’essaie de mon mieux. J’essaie de renaître au meilleur de moi-même. Non, il ne m’a pas tuée. Je reste debout, sans haine aucune envers lui et ses actes. Il ne sert à rien de lui en vouloir. Nous aimons tous au meilleur de nos capacités et nous ne pouvons pas demander aux autres de nous aimer de la même manière. Il m'a donné son amour à lui, pour ce qu'il vaut. Je sais qu'il a fait de son mieux et qu'il n'aurait pas pu faire plus, même si sa vie en dépendait. Je peux maintenant regarder le passé tel qu’il est ; une série de décision, de choix plus ou moins bons mais… Mes choix. Le passé restera le passé, inaltérable, inchangé pour l'éternité.
Mais l'avenir m'appartient. Les choses ont déjà beaucoup changé depuis… Presque 1 an. Vous avez tous connus la personne qui partage désormais ma vie. Beaucoup d’entre vous l’avez vu comme un " passe-temps " ou comme une " relation plaster " comme dirait certaines personnes. Mais 8 mois demain se seront écoulés depuis le début de nos fréquentations sérieuses. Plus j’y réfléchis et plus j’en souris. Pendant quelque temps, je me suis perdue moi-même, j’ai fait des choses stupides, ou du moins, voulu les faire, pour me perdre moi-même, pour me venger ou me punir, tout dépendamment du point de vue. Mais Nam n’a pas fait partie de cet épisode de ma vie. Cupidon, pour la deuxième fois, s’en est pris à moi, avec quelques jours d’avance cette fois, mais pour me faire découvrir l’autre côté de la médaille. Depuis le tout début, j’ai su qu’il ne serait pas une relation de passage, une éponge pour effacer les bobos laissés par l’autre. Et je peux prendre les 8 derniers mois à témoin. Nam n’hérite pas du restant de mon amour, de ce qui à été laissé derrière par LD. Non ! Nam à mon cœur en entier, rapiécé, cicatrisé mais libre de toute trace de son ancien " propriétaire ".
Aujourd’hui, pour une raison que je ne m’explique pas, mon subconscient m’a forcé à faire un deuil écrit de mon passé. De le faire de façon publique, de vous le dire à vous, ceux qui me sont chers. Certains d’entre vous êtes toujours à mes côtés. De près où de loin, vous êtes encore là. Je ne sais pas si j’ai écrit ces mots pour moi, pour vous ou pour lui, l'homme que j'aime. Je ne sais pas si c’est pour me rassurer moi, ou vous, ou lui; Nam. Mais je tenais à ce que vous le sachiez, encore… Le passé est enterré. L’avenir s’ouvre devant nous… Il ne m’a pas tuée. Je suis là, vraiment moi, pour de bon!


[Merci à lexidh pour l'image]

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